L’autoroute de la stupidité

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L’autoroute de la stupidité

baranko_terminateur1J’ai lu un très intéressant interview de l’enfant terrible de la BD, l’ukrainien   Igor Baranko.

Un extrait m’a interpellé. Le voici :

« – Je m’interroge sur le temps qu’il me reste à pouvoir encore vivre de la bande dessinée.

– Vous manquez d’inspiration ?

– Non, mais même ce qui se fait en bande dessinée commence – peut-être comme tout ce qui nous entoure – à se dégrader. Quand je vais à Paris, je m’énerve toujours de voir les niaiseries qui occupent l’espace au détriment de choses vraiment intéressantes, de portée plus profonde. C’est, dit-on, ce que demande le marché : du vide, de la bêtise, du boulevard. J’ignore si le comique bas de gamme est né parce que les gens étaient stupides mais que cela ne se voyait pas, ou si c’est le comique qui les a rendu stupides. Qu’est-ce qui est venu en premier : le boulevard ou la stupidité ? Je ne sais pas jusqu’où peut tomber notre société, et cela m’effraie un peu. Enfin, on ne peut pas tous devenir des intellectuels ! »

A méditer.

By | 2015-03-28T14:47:56+00:00 mars 26th, 2015|Etats d'âme|2 Comments

2 Comments

  1. elchamp@hotmail.com'
    david 10 mai 2015 at 7 h 01 min - Reply

    C’est vrai que le monde du scénario dans la BD n’est pas dans sa période la plus glorieuse. Je suppose que cela ne vient pas que du public mais également des éditeurs, qui préfèrent investir dans des formules bien rodées (Boule & Bill, Kid Paddle et autres Cubitus pour ne donner que des exemples sans pour autant critiquer ceux-ci).

    A mon sens, c’est un cercle vicieux: les éditeurs habituent les lecteurs occasionnels à lire ce genre d’œuvres et celles qui se veulent un peu plus travaillées peinent de plus en plus à trouver leur public, ce qui provoque encore plus de réserves vis-à-vis d’éventuels publications futures.

    On retrouve cette frilosité au cinéma, qui actuellement s’étonne de constater le succès de certains films pourtant loin des sentiers battus.

    • Gipsy Paladini 10 mai 2015 at 8 h 25 min - Reply

      Malheureusement, il est vrai que c’est dans tous les domaines. C’est incroyable comme l’esprit s’acclimate à ce qu’on lui sert. C’est pourquoi le marketing de nos jours est presque plus important que le talent. L’important c’est d’être « vu ». Etre talentueux et caché ne dessert que très rarement. On se sent presque ridicule parfois de tant se donner au vu des résultats, quand des thèmes, des sujets cent fois remâchés raflent toutes les mises. Mais il faut continuer à privilégier la qualité – du moins ce qu’on pense, à nos yeux, être de la qualité- parce que l’art doit être réel. Si on se ment à nous-mêmes, si on agit que pour satisfaire la masse, on perd l’essentiel de l’art: l’honnêteté. Et je ne pense pas qu’on puisse se satisfaire de vivre dans le mensonge.

      PS: je préfère ne pas m’épancher sur les films qu’on nous sert souvent dans le cinéma français parce que certains sont une véritable insulte à notre intellect… et ceci avec tous les bons scénaristes, metteurs en scène, acteurs que nous avons! Quelle honte!

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